L’hypnose fascine autant qu’elle intrigue. On l’associe parfois à des spectacles de magie, à un pendule oscillant devant les yeux…
Pourtant, l’hypnose Ericksonienne – du nom du célèbre psychiatre Milton Erickson – est une méthode thérapeutique douce et efficace, reconnue pour ses bienfaits sur le bien-être mental et physique.
Cet article vous propose de découvrir en quoi consiste cette hypnose, comment elle fonctionne, quels problèmes elle permet d’adresser et quels résultats on peut en attendre.
Vous trouverez également des références scientifiques fiables sur son efficacité, ainsi que des informations sur la formation des praticiens (notamment l’ARCHE, école d’hypnose de référence où j’ai moi-même été formée).
Enfin, nous verrons l’intérêt de pratiquer l’auto-hypnose chez soi, avec à l’appui quelques vidéos explicatives de Kévin Finel, expert français de l’hypnose Ericksonienne.
Qu’est-ce que l’hypnose Ericksonienne ?
L’hypnose Ericksonienne est une forme d’hypnose thérapeutique moderne développée par Milton H. Erickson (1901-1980), un psychiatre américain renommé. Contrairement à l’hypnose “classique” plus directive, l’approche ericksonienne est flexible, bienveillante et individualisée. Elle repose sur l’idée que chaque personne possède en elle-même les ressources nécessaires pour surmonter ses problèmes ; le rôle du thérapeute est d’aider le patient à mobiliser ces ressources inconscientes par le biais de suggestions adaptées hug.ch. Erickson privilégiait des techniques indirectes (métaphores, histoires, symboles) plutôt que les injonctions autoritaires de l’hypnose de spectacle. Cette vision a révolutionné la pratique de l’hypnothérapie en la rendant plus respectueuse du client et de son fonctionnement.
En état d’hypnose (aussi appelé transe hypnotique), la personne n’est ni endormie ni inconsciente. Il s’agit en réalité d’un état de conscience modifié où l’attention est très focalisée et la détente généralement profonde. On pourrait décrire cela comme une forme de concentration intérieure intense, souvent accompagnée d’une suggestibilité accrue trustmyscience.com. Dans cet état, on demeure maître de soi : contrairement aux idées reçues, personne ne peut vous forcer à faire quelque chose contre votre gré sous hypnose. L’individu hypnotisé entend la voix du praticien et peut dialoguer avec lui ; il reste libre d’accepter ou de refuser les suggestions proposées trustmyscience.com. L’hypnose n’est donc pas un état de sommeil, mais plutôt un état d’apprentissage et d’ouverture, où l’on va puiser en soi de nouvelles ressources.
Il est important de noter que la sensibilité à l’hypnose varie d’une personne à l’autre. Chacun a un degré d’“hypnotisabilité” différent : certaines personnes entrent très facilement en transe profonde, d’autres auront besoin de plus de temps ou resteront dans une transe légère, et une minorité peut se montrer peu réceptive trustmyscience.com. Quoi qu’il en soit, toute personne volontaire peut généralement accéder à un état hypnotique suffisamment utile. Parfois, une seule séance suffira à amorcer un changement, mais il est fréquent que plusieurs séances soient nécessaires pour ancrer durablement les améliorations obtenues trustmyscience.com. L’hypnose s’inscrit souvent dans le cadre des thérapies brèves : on parle de quelques séances (par exemple 2 à 10 séances selon la problématique), bien loin des thérapies classiques sur plusieurs années.
Pourquoi travailler avec l’hypnose ? Les bienfaits et applications de l’hypnothérapie
Travailler avec l’hypnose présente un intérêt majeur : cette approche permet d’atteindre notre monde intérieur afin d’y opérer des changements profonds. Comme l’explique Kévin Finel (hypnothérapeute et président de l’ARCHE), un praticien en hypnose accompagne la personne dans l’exploration de son monde intérieur. Cela ouvre la porte à une introspection riche, qui aide à lever des blocages, dépasser des limites apprises et activer des capacités insoupçonnées femininbio.com. En état hypnotique, on peut reprogrammer certains automatismes du cerveau, un peu comme si l’on mettait à jour nos logiciels internes pour adopter des fonctionnements plus sains.
L’hypnose est aujourd’hui utilisée dans de nombreux domaines du soin et du développement personnel. Elle s’est installée durablement en thérapie, en médecine (douleur, anesthésie…), en gestion du stress, en pédagogie ou encore dans la performance sportive endeveloppement.fr. La recherche scientifique moderne en neurosciences et psychologie a confirmé que l’hypnose produit de réelles modifications dans le cerveau, ce qui a permis de la transmettre de façon plus pragmatique et précise endeveloppement.fr. À titre d’exemple, une expertise de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a analysé les études disponibles et conclu qu’il existe suffisamment de preuves pour affirmer que l’hypnose possède un véritable intérêt thérapeutique, en particulier pour l’anesthésie chirurgicale (hypnosédation) et le syndrome du côlon irritable, entre autres inserm.fr. Des méta-analyses ont montré que l’hypnose peut apporter un soulagement significatif de la douleur – au point que certains hôpitaux en France l’emploient aujourd’hui en complément de l’anesthésie traditionnelle pour des interventions ou des accouchements.
De nombreuses études cliniques attestent également des bienfaits de l’hypnothérapie dans divers troubles psychologiques. Par exemple, intégrer des séances d’hypnose à un programme de thérapie comportementale a permis à des patients de perdre deux fois plus de poids que ceux ayant uniquement la thérapie classique, avec un maintien de la perte de poids à long terme trustmyscience.com. D’autres recherches montrent que l’hypnose réduit efficacement certaines douleurs aiguës ou chroniques : un article du Journal of Behavioral Medicine révèle qu’elle aide à diminuer les douleurs post-opératoires chez l’enfant et la douleur lors de procédures médicales trustmyscience.com. L’hypnose est également un outil légitime et reconnu comme traitement d’appoint pour des affections variées allant de l’obésité jusqu’à l’anxiété et au stress trustmyscience.com. En hypnothérapie, on l’utilise fréquemment pour surmonter les phobies, les attaques de panique, les traumatismes (stress post-traumatique), ou encore pour améliorer la gestion des émotions au quotidien. Une étude a même suggéré que l’hypnose pourrait moduler favorablement certaines fonctions immunitaires face au stress, diminuant ainsi la vulnérabilité aux infections trustmyscience.com. Bien sûr, l’hypnose ne prétend pas tout guérir et ne remplace pas un avis ou un traitement médical lorsque celui-ci est nécessaire. Il s’agit d’un accompagnement complémentaire, sans effet secondaire indésirable, qui vise à mobiliser les ressources personnelles de l’individu pour l’aider à aller mieux.
En pratique, voici quelques problèmes courants pour lesquels l’hypnose fait partie des outils d’accompagnement efficaces :
Elle permet de soulager :
- le stress et les angoisses chroniques (apprendre à relâcher la pression mentale et physique) ;
- les phobies et peurs intenses (peur de l’avion, du vide, etc.), les crises de panique ;
- les traumatismes du passé et le syndrome de stress post-traumatique (en complément d’autres approches spécialisées) ;
- certaines douleurs chroniques ou aiguës (migraines, douleurs musculaires, douleurs liées aux soins médicaux…) ;
- des troubles psychosomatiques ou fonctionnels (par exemple les problèmes digestifs comme le côlon irritable, les bouffées de chaleur liées à la ménopause, etc. inserm.fr) ;
- les addictions ou comportements compulsifs (tabac, alcool, compulsions alimentaires…) ;
- les troubles du sommeil (insomnie, difficultés d’endormissement) ;
- les conflits émotionnels intérieurs, le manque de confiance en soi, la dépression légère ou modérée (en soutien d’un suivi médical).
Elle permet de :
- dépasser des comportements limitants ou indésirables (blocages, procrastination, timidité sociale, trac intense…) ;
- renforcer la confiance en soi et l’estime de soi (se reconnecter à ses ressources, restaurer une image de soi positive) ;
- mieux gérer ses émotions au quotidien (apprendre à accueillir et apaiser des émotions envahissantes comme la colère, la tristesse, la honte…) ;
- modifier des habitudes pour adopter une hygiène de vie plus saine (par exemple arrêter de fumer, se libérer d’une dépendance au sucre ou perdre du poids plus sereinement) ;
- améliorer ses performances dans différents domaines (préparer un examen ou une prise de parole en public sans stress, se concentrer en compétition sportive, etc.) ;
- favoriser la détente et le sommeil (apprendre à lâcher prise mentalement pour mieux dormir) ;
se préparer mentalement à des événements importants (accouchement, chirurgie, changement de vie…) afin de les vivre positivement.
L’hypnose Ericksonienne est une approche douce, respectueuse et souvent rapide. Elle offre un espace sécurisant où l’on peut cheminer vers le changement désiré sans revivre de manière brutale ses difficultés.
Le praticien s’adapte aux besoins et au rythme de chaque personne, dans un cadre bienveillant. Pendant une séance type, vous serez guidé par la voix du thérapeute pour atteindre un état de relaxation profonde, puis il vous suggérera des images, des idées ou des ressentis en lien avec votre objectif.
À tout moment vous pouvez parler, bouger ou ouvrir les yeux si vous le souhaitez. La plupart des clients ressortent d’une séance d’hypnose avec un sentiment de calme, de lâcher-prise, voire avec de nouvelles prises de conscience. Parfois les effets sont immédiats (exemple : une phobie qui disparaît, une douleur atténuée) et parfois ils se mettent en place progressivement dans les jours ou semaines qui suivent, de façon subtile et naturelle.
Remarque importante : l’hypnose ne se substitue pas à un traitement médical ou à un suivi psychiatrique lorsque ceux-ci sont nécessaires. Elle vient en complément pour soulager et aider la personne à mobiliser ses propres ressources. En cas de problème de santé grave ou de symptômes persistants, il est indispensable de consulter un médecin. L’hypnothérapeute sérieux saura d’ailleurs vous réorienter vers un médecin ou un psychologue si votre situation dépasse son champ d’action. L’hypnose est contre-indiquée chez les personnes souffrant de psychoses aigües ou de troubles dissociatifs importants, sauf si elle est pratiquée dans un cadre médical adapté.
L’auto-hypnose : un outil d’autonomie au quotidien
Et si vous pouviez vous-même utiliser l’hypnose, sans l’aide d’un praticien ? C’est tout l’intérêt de l’auto-hypnose. Cette dernière consiste à se mettre soi-même en état hypnotique (une transe légère) afin de se faire des suggestions positives et de travailler sur soi en autonomie. Bien sûr, l’auto-hypnose n’atteint généralement pas la profondeur d’une séance guidée par un thérapeute, mais elle offre un véritable outil de mieux-être au quotidien. En quelques minutes, on peut se détendre profondément, réguler son stress, ou se conditionner mentalement pour un événement à venir.
Apprendre l’auto-hypnose est relativement simple.
Tout comme la méditation, c’est une pratique qui s’acquiert avec un peu d’entraînement. Par exemple, on peut commencer par un exercice basique : s’installer confortablement au calme, fermer les yeux et respirer lentement, puis focaliser son attention sur une image positive ou une phrase encourageante que l’on se répète intérieurement trustmyscience.com.
En quelques minutes de cette auto-induction, beaucoup de personnes parviennent à atteindre un état de relaxation hypnotique doux, propice à accueillir des suggestions bénéfiques. On peut alors se formuler mentalement des objectifs comme : « Je vais aborder mon entretien de demain avec assurance et calme », « Je me libère de mon envie de grignoter entre les repas », etc., en les visualisant clairement (c’est la phase de suggestion en auto-hypnose). Même de courtes séances de 5 minutes peuvent s’avérer très aidantes pour mieux gérer certaines situations du quotidien trustmyscience.com.
Les avantages de l’auto-hypnose sont nombreux : elle permet de prolonger le travail thérapeutique entre les séances avec son praticien (par exemple, on peut refaire chez soi un exercice appris en séance pour ancrer un changement), et elle donne un sentiment d’autonomie très valorisant. Plutôt que de dépendre exclusivement d’une aide extérieure, on devient acteur de son propre mieux-être. Kévin Finel, qui a largement contribué à populariser l’auto-hypnose en France, a même créé une plateforme en ligne nommée Psychonaute pour permettre à tous d’apprendre ces techniques facilement femininbio.com. Selon lui, l’auto-hypnose pourrait devenir aussi courante que la méditation dans les années à venir femininbio.com. En pratiquant régulièrement, on développe une meilleure connaissance de soi, on apprend à moduler ses états internes (stress, douleur, motivation…) et on gagne en maîtrise émotionnelle.
Bien sûr, l’auto-hypnose ne remplace pas un accompagnement professionnel lorsque c’est nécessaire, mais c’est un complément précieux. C’est un peu comme savoir faire des étirements chez soi entre deux séances de kiné : cela accélère et consolide les progrès. De plus, pratiquer l’auto-hypnose améliore souvent la réceptivité aux séances d’hypnose guidée – un cercle vertueux en somme.